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 Il faut qu'on s'attache et qu'on s'empoisonne | Deborah&Adèle | 02.09.2001 | 2h30

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MessageSujet: Il faut qu'on s'attache et qu'on s'empoisonne | Deborah&Adèle | 02.09.2001 | 2h30   Mar 6 Oct - 21:15



❝Il faut qu'on s'attache et qu'on s'empoisonne❞
Deborah & Adèle
Ouf ! La première journée venait de se terminer ! Si cela faisait cinq ans qu'Adèle Kroemer était professeur à Beauxbâtons, c'était bien la première fois qu'elle était tant demandée à la rentrée. Alors que son travail passé consistait généralement à avaler le plus de petits fours sans être vue et à s'enfermer ensuite dans ses appartements pour continuer la lecture de son roman policier actuelle en jogging large et en mangeant du Toblerone, elle était contrainte, cette année, de jouer les mères autoritaires dans la salle commune de la maison du Feu.

« Bonsoir, Mademoiselle Kroemer... » Lança à toute allure l'élève qui venait de lui ouvrir la porte « C'est 'Madame' Kroemer » avait alors répliqué l'intéressée d'un ton sec à la préfète aux cheveux longs et ondulés qui s'était sentie obligée de l'accueillir d'un air léger, le sourire plus grand qu'une part de  pastèque accroché au visage. Tandis que les petites enjambées du professeur la conduisaient au centre de la pièce, Ewen Le Goff encourageait, par de furtifs regards, les étudiants à se rapprocher de leur nouvelle responsable et désignait d'un signe peu discret de la tête la chaise d'acajou  postée près de Rupert Delpech qui servirait, selon elle, d'estrade à la petite femme. « Reposez ça où vous l'avez trouvée, vous voulez bien ? Bien. » Elle attendit quelques instants que tout le monde la rejoigne, le cœur battant d'une excitation nouvelle alors qu'elle redécouvrait le plaisir de faire des discours publics. « Je me présente, je suis Madame » Regard insistant vers Ewen « Kroemer et je serai votre responsable de maison. Cela signifie que quelques règles que certains suivent encore et qui étaient propres à mon prédécesseur seront modifiées, voir supprimées. » D'un coup rapide, elle avait alors dégainé de la poche arrière de son pantalon orangé un parchemin long comme elle qui remettait à jour toutes les lois propres à la maison du feu : interdiction de se coucher trop tard, de manger dans son lit, de fumer la pipe ou toute autre substance dans la chambre à la fenêtre ou non, de laisser traîner caleçons et linges intimes sales  sur le sol... Pendant près d'une demi-heure, Adèle avait abordé toutes les règle en passant des poils dans la douche au port de chaussons obligatoire sur le parquet. Puis, avec autant de vivacité qu'à  son arrivée, elle avait envoyé d'un coup de baguette précis sa liste s'accrocher au dos de la porte d'entrée afin qu'elle soit visible à tout moment. « Voilà, j'espère que tout cela est clair. Pour les plus jeunes, le coucher, c'est maintenant. Pour les autres, je vous fais confiance, ne me décevez pas le premier jour, vous serez gentils ! ». Puis elle était partie de sa démarche rapide et pressée, après avoir pris grand soin de déposer une paire d'oreilles à rallonge améliorée dans la salle commune. Quoi ? N'était-ce pas dans les vieux pots qu'on faisait les meilleures confitures ? Assise en tailleur contre la lourde porte en chêne, elle prit en notes les premières interrogations, critiques et projets de révolte qui se profilaient contre sa personne. Une heure plus tard, elle finit par revenir et envoya les derniers récalcitrants se coucher en prenant bien soin de ne pas leur parler de ce qu'elle savait déjà à leurs sujets. Après avoir décroché l'objet de la farce, elle quitta finalement totalement les lieux.

Une fois dans ses appartements, le professeur avait essayé de se familiariser avec cette nouvelle chambre aux murs pour le moment vides dont la décoration était urgente. Après une douche rapide, une queue de cheval haute et un bermuda en jean élimé, elle avait alors sa bouteille de vin rouge, s'en était servi un verre et avait concentré toute son attention sur le mur dressé en face d'elle. Finalement, après deux gorgées, elle s'était mise au travail : articles de journaux, planning de la semaine, des vacances, emploi du temps, programmes de droit, de vie politique sorcière et bien sûr, bien sûr, photo d'Elsa au Cap d'Agde. Qu'est-ce qu'elle avait grandi, en un an ! Dire qu'elle aurait pu ne pas la reconnaître avec cette chevelure taupe et ce petit sourire mutin qui était pourtant le sien. Secouant vivement la tête, la mère de famille s'éloigna du portrait pour observer la totalité de son œuvre, retrouvant du bout des doigts le verre à pied posé sur sa commode. Une gorgée. Deux gorgées. Le goût âcre qui taquine ses papilles. L'étrange nécessité de fumer une cigarette.
D'un pas rapide, en tant qu'éternelle pressée, Adèle se rendit vers  le paquet posé près de la fenêtre, en tira une de l'étui, la porta à ses lèvres et...se souvint de son précepte : « Interdiction de fumer la pipe ou toute autre substance dans la chambre à la fenêtre ou non ». Qui l respecterait si elle ne le respectait pas elle-même ? Après un soupir et une légère hésitation, elle emporta le paquet, le verre et les clés et sortit de sa chambre.
Le parc était désert, bien sûr, et aucune lumière suspecte venant des dortoirs des feux ne la fit frissonner. La blondinette finit donc par s'asseoir sur un des bancs en fer forgé et continua de boire sa récompense et d'allumer enfin sa victoire. Un nuage de nicotine dans l'air frais mais doux de la fin de l'été. Adèle ferma les yeux pour en apprécier chaque saveur comme on déguste une grosse part de gâteau. C'était ça de vivre éternellement dans l'hyperactivité : la joie intense de prendre quelques fois du repos. Alors qu'elle buvait une autre lampée d'alcool, un lumos approchant attira son regard ombragé d'un froncement de sourcil. « Qui est là ? » D'un geste mal assuré, la sorcière lança à terre verre et étui. On ne savait jamais, peut-être que c'était la mère Moreau qui cherchait son chat en pleine nuit.


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MessageSujet: Re: Il faut qu'on s'attache et qu'on s'empoisonne | Deborah&Adèle | 02.09.2001 | 2h30   Mer 7 Oct - 9:31

    Oula … La demoiselle venait de quitter l'Embuscade, et la tête lui tournait quelque peu. Là bas, la belle Lena lui avait adressé un sourire ravageur, au moment ou Deborah quittait les lieux. Il fallait dire que les deux jeunes femmes se connaissaient bien … qu'elles se voyaient, de temps à autre, et que derrière leur semblent d'indifférence se cachait une relation plus compliquée. Quoi qu'il en soit, Deborah Green avait l'esprit embrumé et l'infime sensation qu'il n'était pas une bonne idée de trainer longtemps dans les parages – pas dans cet état. Son passé d'Auror était passé, justement, et ses réflexes n'étaient plus aussi bons. Elle s'efforça d'avoir l'air assuré, s'engouffra dans une ruelle obscure et transplana aussi vite que possible.

    Direction l'île de Batz, son vent glacial et ses embruns incessants.

    Malgré tout ce qu'elle pouvait dire, faire et laisser paraître, Deborah aimait cet endroit. Après toutes ces années à vouloir à tout prix en faire toujours plus en Angleterre, à courir après les Mangemorts, après les siens, après son propre père, se retrouver seule au monde ou presque sur une minuscule île Bretonne était d'un calme à toute épreuve – et Deborah appréciait hautement ce détail. Sans compter que l'Académie lui rappelait des souvenirs qu'elle aimait particulièrement. Elle laissa son regard courir sur la place principale – et déserte – de Castel Royal et esquissa un sourire avant de resserrer sa cape autour d'elle. Le fond de l'air était glacial mais qu'importe. Elle voulait marcher – elle en avait besoin ! L'air frais était vivifiant et dans son état, ça ne pouvait être qu'une bonne chose.

    Le parc était tout accolé au village, ou presque, mais avait le défaut d'(être d'une taille plus que conséquente. Il ne fallait pas être pressé pour rentrer et cela tombait bien : Deborah n'était pas pressée. Elle ne faisait pas partie des professeurs de garde et le fait qu'il était presque trois heures du matin ne la dérangeait pas outre mesure : c'était dimanche, après tout. Elle se mit en marche vers l'Académie d'un pas chancelant, sa cape fermement serrée autour de son cou, songeant à l'étrange soirée qu'elle venait de passer.

    Solas Florentin n'était pas quelqu'un qu'elle appréciait. Pas du tout. Il n'était pas non plus la personne avec laquelle Deborah se serait attendu à passer une soirée, encore moins une soirée à l'Embuscade, où ils seraient entourés de vampires … et de verres remplis d'un alcool trop fort pour les deux respectables professeurs qu'ils étaient. Sérieusement … elle soupira, leva les yeux vers le ciel étoilé. Il allait falloir rayer très vite cet encombrant moment de sa mémoire, et ce très vite ! Hors de question de se sentir gênée ni quoi que ce soit du même genre lorsqu'elle le croiserait dans un couloir – PIRE ! En réunion. Non qu'ils se soient adonnés à de quelconques activités répréhensibles, mais tout de même. Elle ne le supporterait pas pour autant.

    « On se reprend, Debo … Arrêtes toutes ces conneries. Aaaah, je vois pas ou je met les pieds … Lumos ! »

    La rentrée commençait fort, c'était le moins que l'on puisse dire ! A partir de maintenant, elle ne cotirait plus un seul de ses collègues en dehors de réunions aux quelles elle devait impérativement se rendre. Sauf Abhainn : après tout, ils étaient amis, si étrange que cela paraisse. Elle haussa les épaules, suivant tranquillement le mince filet de lumière qui émanait de sa baguette magique … et finit par sursauter lorsqu'une voix féminine demandait qui allait la. Allons donc. Kroemer. Comme si le moment était venu de tomber sur elle, précisément ! C'était fou, ça ! Les bonnes résolutions étaient à peine prises que déjà, Deborah devait se résoudre de les abandonner.

    Elle soupira, retira rapidement son capuchon pour que sa collègue puisse la reconnaître.

    « Ce n'est que Mademoiselle Green. Détendez-vous, Kroemer, personne ne vous fera du mal ici, à une heure pareille … » Non, Deborah n'avait pas l'intention de se montrer aimable. Pourquoi cette question ? Elle avisa la cigarette de sa collègue, ricana malgré elle. « Vous aurait-il semblé qu'il n'était pas très réglementaire de fumer au sein du château ? »

    Les deux femmes s'étaient connues à Beaubâtons, durant leurs études. Elles n'avaient pas grand-chose en commun, si ce n'était un désir sourd de briller, de dépasser les autres et s'étaient très vite lancées dans une immature gueguerre : c'était à celle qui attirerait le plus de regard, à celle qui remporterait la meilleur note en Défense Contre les Forces du Mal, en Enchantements, en Vieille Magie, même ! Sur ce dernier point, Deborah l'avait toujours emporté haut la main. Ce n'était pas pour rien qu'elle avait le post aujourd'hui ! Quoi qu'il en soit, elles ne s'étaient jamais vraiment appréciées et ce n'était toujours pas le cas !

    Pourtant … Deborah fronça les sourcils, secoua la tête. Non. Elle devait se faire des idées.

    Dans ce cas là … pourquoi restait-elle plantée là ?!

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Il faut qu'on s'attache et qu'on s'empoisonne | Deborah&Adèle | 02.09.2001 | 2h30

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