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 Plus bas que terre [Caro & Alcide]

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MessageSujet: Plus bas que terre [Caro & Alcide]   Mer 4 Nov - 16:03

Déjà trois semaines que Caroline était entrée à l’école de sorcellerie de Beauxbâtons. Trois semaines que la salle commune de la terre était devenue la nouvelle demeure de la jeune montagnarde. Trois semaines mais elle se perdait toujours autant dans les couloirs de l’école.

C’était le weekend, l'avant-dernier weekend de septembre et Caroline avait voulu profiter des derniers jours de beau temps pour découvrir les environs de l’école. Elle avait d’abord eu dans l’idée d’aller jusqu’au village mais elle s’était rapidement souvenue qu’il s’agissait d’un village sorcier, et non pas un village comme elle les connaissait. Et pour la jeune née-moldue réfractaire à la magie, un village sorcier ne semblait avoir aucun intérêt.
C’est comme ça que ce samedi 22 septembre, Caroline s’était retrouvée sur la plage de Riveclair. A cette période de l’année, la jeune fille se doutait qu’elle n’y trouverait personne en train de se baigner et que pour la première fois depuis sa montée dans le bateau à Roscoff, elle pourrait se retrouver seule.  Une solitude qu’elle attendait avec impatience car même si la salle commune de la terre était généralement calme, il était difficile pour elle de se concentrée dans cet environnement fourmillant de magie.
Après une grasse matinée qui avait permis à Caroline de se reposer après plusieurs nuits de cauchemars, la jeune fille s’était préparée pour son expédition. En bonne personne organisée, Caroline avait prévu de quoi parer à toutes les situations. Elle avait d’abord commencé par s’habiller chaudement : une paire de collants noirs à pois rouges en laine, un short violet, un tee-shirt à manches longues bleu foncé sur lequel un canard jaune était brodé. Avec ça, elle était prête à affronter l’air salé et humide des côtes bretonnes. Pour parfaire sa tenue elle avait mis aux pieds sa vieille paire de basket sur lesquelles de vieilles traces de boue ne s’étaient jamais effacées. Elle avait également enfilé son gros manteau marron et son écharpe rouge. Si elle avait croisé l’un des membres de la famille Carax sur son chemin, celui-ci lui aurait surement demandé si elle avait un lien de parenté avec le clown du cirque. Mais entre avoir froid ou avoir l’air ridicule, Caroline préférait largement être ridicule !
Pour s’occuper sur la plage déserte, Caroline avait mis dans son sac à dos bleu clair un gros ouvrage de mathématiques, d’algèbre pour être précise, ainsi qu’un paquet de ses gâteaux préférés pour les grignoter en lisant. Pour compléter son nécessaire de survie, elle avait également mis dans son sac une couverture en microfibre bleu claire à  flocons de neige blancs sur laquelle on pouvait lire, écrit en gros, « Lans en Vercors ». Une couverture bien de chez elle. C’est donc bien équipée qu’elle s’était dirigée vers la plage.

Une fois arrivée à Riveclair, Caroline se félicita intérieurement de s’être chaudement habillée. Le fond de l’air n’était pas froid mais des rafales de vent soufflaient par intermittence. La jeune fille se trouva un abri derrière un rocher et posa sa couverture au sol avant de s’installer dessus. Elle resta ainsi assise plusieurs minutes, les yeux fixant l’horizon et l’esprit vide. Ses cheveux bougeaient sous l’influence du vent, lui fouettant le visage sans même qu’elle s’en rende compte. Le calme du lieu où elle s’était installée lui rappelait celui des sommets du Vercors où elle allait souvent se balader avant… Avant que sa vie ne soit bouleversée par cette foutue magie à la noix !
Une fois sortie de sa torpeur, Caroline ouvrit l’ouvrage qu’elle avait emporté et commença à le feuilleter tout en attrapant de temps à autre un pim’s à la poire dans son paquet de gâteaux. Elle avait toujours été un peu gourmande, aimant grignoter pendant qu’elle lisait, mais cet afflux de normalité dans sa vie, ces souvenirs du passé firent naître en elle une nostalgie qui lui était jusque là inconnue.
Elle lisait un chapitre sur les produits scalaires… Et jamais elle n’avait du voir d’endomorphisme aussi triste car sans qu’elle ne puisse s’en empêcher, des larmes se mirent à couler sur ses joues rosies par le froid. Elle resta là un long moment, les larmes coulant, le vent la décoiffant et venant parsemer sa tenue et ses cheveux de sable. Elle avait perdu la conception du temps et elle pleurait. Elle pleurait sa famille qui, même si elle ne la comprenait pas toujours, lui manquait. Elle pleurait les études de ses rêves qu’elle ne pouvait pas suivre à cause de sa présence sur l’ile de Batz. Elle pleurait parce qu’elle était fatiguée. Elle pleurait parce qu’elle était seule. Elle pleurait parce qu’elle était perdue. Elle pleurait tout simplement. Elle ne savait même plus pourquoi. Caroline était tout à coup devenue un clown triste…
Elle resta assise sur cette plage, tantôt pleurant, tantôt fixant la mer, pendant plusieurs heures. Lorsqu’elle reprit un peu ses esprits, le soleil était déjà bas dans le ciel et il était temps de rentrer au château. Elle se releva donc et en attrapant son sac à dos se rendit compte que le rocher sur lequel elle l’avait posé était creux et remplis d’eau de pluie tombée les jours précédents.  Son sac à dos était donc trempé, il était impossible qu’elle y range sa couverture et son précieux livre de mathématiques. Parce que même si les endomorphismes étaient tristes, ils étaient super intéressants !
C’est donc chargée comme un âne avec un drôle d’attirail que la jeune fille retourna vers le château. Elle portait sur une épaule sa super couverture bleue à flocons de neige et sur l’autre son sac à dos dégoulinant. Sa chevelure ressemblait à celle d’une sauvage, sa couleur accentuant les nœuds que le vent y avait fait, et ses vêtements multicolores étaient couverts de sable et de miettes de gâteaux.  Et comme si elle ne faisait déjà pas assez peur, ses yeux étaient rouges et bouffis d’avoir trop pleuré. Bonjour la vision d’horreur.

Une fois arrivée à l’intérieur du château, Caroline prit les premiers escaliers se dirigeant vers les sous-sols qu’elle trouva. Fatiguée de son après-midi intense en émotions, elle ne fit pas attention et se trompa de couloir. La salle commune de la terre, c’était le troisième couloir à droite, et voilà qu’elle s’était enfoncée dans le second. Vu qu’elle marchait en regardant ses pieds, elle ne remarqua pas tout de suite que le couloir rétrécissait et qu’il ne ressemblait pas du tout au chemin qu’elle aurait du normalement emprunter.
Il fallu plusieurs minutes à notre petite génie, pas vraiment géniale sur ce coup, pour se rendre compte qu’elle s’était encore perdue. Ce n’était pas la première fois, et ça ne serait surement pas la dernière… Elle tenta de revenir sur ses pas mais se rendit rapidement compte qu’elle avait du croiser plusieurs embranchements sans y faire attention et qu’elle était désormais vraiment perdue.
Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. L’épreuve de trop dans sa nouvelle vie de sorcière. Si elle n’avait pas pleuré tout l’après-midi, c’est ce qu’elle aurait surement fait. Mais elle n’en avait même plus la force, même plus le courage. Elle se contenta donc de se laisser glisser contre un mur, comme la petite chose fragile qu’elle était à cet instant. Elle avait la tête qui tournait, noyée dans trop de sentiments, de fatigue et d’énervement. Caroline s’en vouait de s’être perdue, pour la première fois elle rêvait de retrouver la salle commune de la terre, d’y prendre un bon bain chaud et d’aller se coucher. Se coucher et dormir, oublier cette journée qui, même si elle avait bien commencé, était devenue au moins aussi catastrophique que toute celles qu’elle avait passé à Beauxbâtons depuis sa rentrée.
Au bout d’un moment, elle finit par entendre un bruit. Un bruit qui ressemblait beaucoup à un bruit de pas. Et même si Caroline détestait avoir besoin d’aide, là elle n’avait pas le choix, elle ne s’en sortirait pas toute seule.

- Ohé, il y a quelqu’un ? Je crois que je me suis perdue…

Il ne restait plus qu’à espérer que la personne à qui appartenaient les pas ait entendu son appel. Elle avait essayé de crier mais n’était pas sûre d’y être vraiment arrivée. Heureusement pour elle que ces vieux couloirs étaient de très bonne caisses de résonance.

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Dernière édition par Caroline Barthélémy le Sam 28 Nov - 16:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Plus bas que terre [Caro & Alcide]   Lun 9 Nov - 18:18

    Assis sur un banc du parc, Alcide avait les yeux plongés dans "La Mort dans les nuages". Il avait déniché ce bouquin, par le plus grand des hasards, en début de semaine entre deux manuels de droit dans un rayon de la bibliothèque. Joli trouvaille. Lui qui ne prenait que rarement la peine d'amener des romans à l'académie, préférant découvrir la littérature sorcière, avait récupéré l'ouvrage avec un certain plaisir. Les livres policier n'étaient pas ses préférés, mais aucun être digne de ce nom ne pouvait dire non à un Agatha Christie. D'autant plus que celui-ci il ne l'avait jamais lu, le 6ème année s'était donc glisser avec plaisir dans les basques d'un Poirot toujours aussi vaniteux et obséquieux. Ah…ce qu'il pouvait aimer ce petit bonhomme à moustache.
    Refermant le roman d'un geste brusque, il se frotta les yeux un instant en les maudissant. Ca ne faisait pas même une heure qu'il lisait que déjà ils fatiguaient, quel duo de poids mort. Et impossible même d'oser imaginer que le jeune homme aurait pu prendre la peine de mettre ses lunettes. Celle-ci ne sortaient pas du château, il s'en était fait la promesse. A la bibliothèque cela passait encore, mais à l'extérieur, à la vue de tous là non. Juste non. Il ne supportait pas de se voir ni même de s'imaginer avec ses binocles alors il préférait forcer sa vue jusqu'à faire danser les petits caractères que de se présenter en public avec ces horreurs cachant son magnifique visage. Mais passons…
    Déposant le livre sur le banc, Alcide laissa échapper un soupire d'aise en promenant son regard fatigué sur le parc désert qui l'entourait et un mince sourire vint flotter sur ses lèvres. Il était content d'être de retour à l'académie après ces longues vacances d'été. Oh ne vous méprenez pas. Le brun était un étudiant comme un autre et aimait pouvoir lâcher ses livres pendant quelques semaines et de se laisser dorer sous le soleil, mais laisser de côté la magie pendant son séjour dans le monde moldu qui était celui de la famille s'avérait toujours une épreuve à la longue. S'il avait toujours aimé ces changements de vies, les années passants, il avait de plus en plus de mal à se réhabituer au monde moldu et surtout lorsqu'il s'agissait de retrouver ceux qui ignorait l'existence de la magie. Il avait toujours mille histoires à inventer et réexpliquer mille fois pourquoi il s'était exilé à l'étranger. Oui, des études à l'étranger, voilà la façon dont il parvenait à expliquer son éloignement. Cependant viendrait un jour ou il devrait se fabriquer un alibi en béton ou couper définitivement les ponts, et cela lui faisait peur, si bien qu'il faisait son possible pour refouler l'idée. Après tout, il avait encore le temps de voir les choses venir…

    Une bourrasque tira l'élève de la terre de ses pensées en foutant le bordel dans ses cheveux. Pestant, il abandonna toutes idées sombres et passa une main dans ce fouillis. Il hésita un instant à rejoindre quelques amis à la bibliothèque et choisit finalement de retourner dans sa salle commune histoire de paresser un moment et de se refaire une beauté avant d'aller dîner. Décollant son popotin du banc, le jeune homme referma son manteau et renoua correctement son échappe prenant bien soin de déposer le cachemire bien en vu pour que tout un chacun puisse admirer les éclats aux couleurs de sa maison. Oui. Même sans uniforme, Alcide, qui était très fier de sa maison, prenait toujours la peine de signifier au monde son appartenance à la terre. Son petit manège terminé, il attrapa le livre et se dirigea vers le château.
    Il ne croisa pas grand monde en chemin et ayant passé l'après-midi en tête à tête avec son roman, le joueur de quidditch se réjouissait de retrouver à qui parler. Même s'il aimait de temps à autre se retrouver seul avec son égo, Alcide n'était de ceux qui recherchait volontairement la solitude et se retrouvait bien vite peu à son aise s'il n'était pas entouré. Il aimai beaucoup trop la compagnie même mauvaise, sentir de l'agitation autour de lui et être le centre de l'attention pour savourer comme il se doit de ces moments seul avec soi-même. Heureusement, il était sûr de pouvoir trouver quelqu'un qui le tirerait de son ennui dans le salon feutré de sa maison.
    Longeant le château, il arriva bien vite devant l'entrée et il fit une halte au sommet des escaliers face à sa fenêtre préférée. Fixant son reflet avec un moue circonspecte, il tira de sa poche un peigne (ouais, il est toujours au taquet le type) et recoiffa sa tignasse que le vent avait malmené. Il n'avait rien sous la main pour se satisfaire du résultat, mais bon, il survivrait certainement jusqu'au sous-sol, il n'avait pas non plus une tête d'ogre. Rangeant l'objet, il passa l'entrée et traversa le hall à grandes enjambées avant de s'engager dans les escaliers.
    Il se rapprochait de sa salle commune lorsque voix fit ralentir son allure. Il n'entendit pas distinctement les mots, mais le ton avait l'air suppliant, un crétin s'était pris un mur ou quoi? *Oh non, on s'en fout. J'ai un canapé qui m'attend.* Reprenant sa route sur quelques mètres, il leva les yeux avant de rebrousser chemin. Merde. Maudite soit sa curiosité. S'enfonçant un peu plus dans les tréfonds du château, il allait s'engager dans un énième couloir lorsqu'il aperçu un tas vaguement humain gisant contre un mur.
    Des cheveux roux, une allure à faire peur, une multitude de couleurs à vous faire vriller les yeux, un sac en piteux état qu'il jugea bon pour la poubelle et, comme si cela ne suffisait pas, une merveilleuse couverture à motif immonde. Dieu…cette fille était définitivement une cause perdue, il aurait vraiment mieux fait de jouer les sourd d'oreille. Si sa première idée fut de fuir cette vision d'horreur, son esprit railleur pris bien vite le dessus et c'est avec son tact habituel qu'il se rapprocha de la première année sans se rendre compte, encore aurait-il fallu qu'il s'intéresse vraiment à elle pour le remarquer, de son état. Ne faisant aucun effort pour cacher sa désapprobation, il afficha une moue indescriptible tant il avait à reprocher à sa tenue. Elle s'était surpasser. Il avait généralement du mal à la regarder sans que sa rétine crie grâce, mais là c'était du Tchernobyl pour les yeux.

    "Tu atteints des sommets Cendrillon. Tu es daltonienne peut-être?"

    Cendrillon la souillon hein! Soyons bien d'accord, parce que la petite Caroline n'avait véritablement rien d'une princesse. En l'occurrence elle avait plus l'air d'un troll échappé d'un cirque. C'était vraiment dépitant, parce qu'en plus, sous…toutes ces horreurs, la jeune fille avait du potentiel il ne fallait pas se mentir. Oh mon dieu non, il avait même du mal à la regarder. Fermant les yeux un instant pour bien marquer la chose, il se pinça l'arrête du nez en grimaçant avant de reposer le regard sur la "chose" qui lui faisait face. Il était un peu injuste et franchement ce n'était pas une façon de traiter une première année, mais Caroline Barthélémy lui tapait sur les nerfs et pas seulement à cause de son non-sens de la mode.

    "Je peux savoir ce que tu fais échouée de la sorte dans le couloir, à part essayer de faire peur aux fantômes?"

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So ya, thought ya... Might like to go to the show? To feel the warm thrill of confusion that space cadet glow! Tell me is something eluding you, sunshine? Is this not what you expected to see? If you wanna find out what’s behind these cold eyes... You’ll just have to claw your way through this disguise.

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MessageSujet: Re: Plus bas que terre [Caro & Alcide]   Lun 23 Nov - 16:29

Depuis le sol du couloir, Caroline eut l’impression que la personne qui venait vers elle mit une éternité à arriver. Les pas qui s’approchaient résonnaient dans ses oreilles avec une tonalité lugubre caractéristique des longs couloirs de pierre. Et lorsque que ce bruit de pas cessa, Caroline se sentit un instant soulagée. Elle était toujours épuisée, sans force et sans courage, mais le silence qui revenait la rassurait : au moins, personne ne lui avait marché dessus, et c’était un bon début.
Un bon début qui ne dura pas bien longtemps. Aussi peu longtemps que le silence en fait. Après quelques secondes, le bruit des pas fut remplacé par une voix, la dernière voix que Caroline aurait voulu entendre dans ces circonstances.

"Tu atteints des sommets Cendrillon. Tu es daltonienne peut-être?"

Alcide Lefort… ou monsieur Je-Suis-Mieux-Que-Toi-Espèce-De-Microbe. Caroline ne savait pas du tout ce qu’il avait contre elle, mais une chose était sûre, Alcide ne l’aimait pas ! Et du coup, elle non plus ne l’aimait pas. Elle n’aimait pas se faire marcher sur les pieds, et même s’il était deux fois plus grand qu’elle, elle n’avait pas peur de lui ! Et vu la moue dégoutée qu’il faisait en la regardant, il aurait sûrement trop peur de la toucher pour pouvoir lui faire du mal.
Alors même si elle était fatiguée, même si elle était déprimée, elle trouva la force de relever la tête vers lui et de lui répondre, d’un ton qu’elle aurait voulu méprisant mais qui était sûrement plutôt faible et misérable :

- Si tu passais un peu plus de temps à t’instruire plutôt qu’à lire des contes de fée pour gamins, tu saurais sûrement que les gènes provoquant le daltonisme sont situés sur un allèle récessif des chromosomes X et que du coup les filles ne sont que très rarement atteintes de daltonisme.

Pas très sympa, pas très convainquant, mais Caroline n’avait pas mieux comme réponse.  D’un autre côté, vu la débilité de la remarque du garçon, ce n’était pas bien difficile de faire mieux. C’est dingue ce qu’il pouvait être stupide quand il voulait. Ou peut-être tout le temps, même. Caroline essaya de trouver dans sa mémoire un moment où Alcide aurait pu faire une remarque intelligente. Et elle avait beau chercher, elle ne trouvait pas… La jeune fille était de mauvaise foi car elle ne connaissait clairement pas assez bien son camarade de maison pour le juger d’une telle manière, mais elle ne comprenait décidément pas ce que les autres lui trouvaient.
Au sein de la maison de la terre Alcide avait l’air plutôt apprécié, au grand dam de Caroline. Et il en était de même auprès de la gente féminine de l’école. Peut-être que s’il avait été moins insupportable avec elle et qu’elle s’était mise à sortir son nez de ses livres de sciences de temps en temps pour avoir des occupations plus classiques pour une fille de son âge, comme regarder les garçons, elle se serait rendu compte qu’Alcide était plutôt beau gosse. Et que le fait qu’il soit un joueur vedette de l’équipe de Quidditch de la maison de la terre ne devait pas non plus être pour rien dans son succès. Mais les garçons et le Quidditch, c’était vraiment le dernier des centres d’intérêt de l’apprentie sorcière alors pour elle, Alcide n’était qu’un horrible personnage qui devrait payer un jour pour toutes ses moqueries.

C’était la première fois qu’elle se retrouvait seule avec lui dans une pièce, ou plutôt un couloir vu les circonstances. Habituellement il se contentait de l’alpaguer quand ils se croisaient dans les couloirs ou qu’elle traversait la salle commune  pour lui dire à quel point elle ne ressemblait à rien. A ces moments là Caroline ne réagissait pas, elle laissait les mots couler sur elle et passait devant Alcide et ses amis sans répondre.
Mais là, ils étaient presque à égalité, un contre un. Certes, il était plus grand, plus fort, plus douée en magie qu’elle, mais il n’était pas accompagné et elle ne risquait pas de se faire plus d’ennemi qu’elle n’en avait déjà. Et l’idée de montrer à ce grand dadet qu’elle n’était pas qu’une petite chose fragile lui redonnait de l’énergie. Finalement sa première réplique n’était pas géniale mais elle lui avait redonné courage et énergie. Elle se sentait même prête à repartir affronter les couloirs sans fin pour retrouver sa salle commune. Pour cela il lui suffisait juste de se lever, de ramasser ses affaires et de laisser en plan l’autre débile qui avait l’air de tout juste sortir de chez le coiffeur… C’était vraiment tentant !
Caroline était donc sur le point de se relever lorsque l’élève de sixième année lui adressa à nouveau la parole. Il lui demandait ce qu’elle faisait échouée là, sous-entendant surement qu’elle avait l’air d’une baleine sur la plage. Ok Caroline s’habille mal et à l’air d’un clown, mais même avec la quantité de gâteaux qu’elle ingurgite, elle n’est vraiment pas assez grosse pour qu’on la traite de baleine !

- Tu me parles de problèmes de vue mais c’est toi qui devrait mettre des lunettes, faut sortir du château pour voir la mer ! Je peux te prêter les miennes si tu veux.

Et paf, on tape là où ça fait mal sans même le savoir !

La fin de la phrase d’Alcide évoquait l’idée de faire peur aux fantômes. Et ce n’était vraiment pas dans les plans de Caroline. Même si elle s’était faite à l’idée qu’il y avait des « fantômes » (pour elle, ils restaient des effets spéciaux assez impressionnants car tout le monde sait bien que les fantômes n’existent pas) dans le château, elle n’était vraiment pas à l’aise en leur présence. Elle ne tenait donc pas du tout à en croiser et dans le cas où elle partagerait le couloir avec des fantômes, ce ne serait certainement pas eux qui auraient peur. Mais tout ça, le grand n’était pas obligé de le savoir !

- Enfin, pour ta gouverne je ne suis pas échouée, mais assise et si je suis là c’est parce que je me suis perdue dans les couloirs de ce maudit château. (château maudit, fantômes, ça se tient, non ?) Je l’ai déjà dit avant en appelant. Dis donc, en plus d’être aveugle t’es sourd, franchement c’est pas beau la vieillesse, bientôt les cheveux blancs !

Si elle avait un instant pensé se lever, maintenant ce n’était plus dans ses projets. Au moins en restant assise elle cachait à son interlocuteur que ce n’était pas totalement de son plein gré qu’elle s’était écroulée par terre la première fois. Puis vu la manière dont il lui avait signalé qu’elle était au milieu du chemin, ça avait l’air de lui déplaire, et finalement c’était plutôt marrant de déplaire à Alcide Lefort. D’ailleurs en parlant de lui déplaire, la dernière remarque sur ses cheveux avait l’air d’avoir fait mouche.

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